SA VIE 1. Les origines Lors de la reconstitution de nos forces armées pour faire face à la coalition de l'Angleterre, de l’Autriche, de la I’Hollande et de la plupart des princes allemands, au cours de la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), le futur 93ème régiment d'infanterie fut créé le 1" février 1706 par ordonnance du roi Louis XIV pour Louis-Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien. Le régiment portera son nom jusqu'à la période révolutionnaire. Il est confié à Louis de Beaupoil, marquis de Sainte-Aulaire, premier chef de corps. 2. La Monarchie Dès 1707, un an après sa création, le régiment entre en campagne sous les ordres du maréchal de Villars sur les bords du Rhin. Il se distingue brillamment, le 22 mai 1707, à Stolhofen, poursuivant l'ennemi en Souabe et en Franconie. En 1708, il est en Fandres, participe au blocus de Lille et, à l'armée d'Alsace, il contribue à la victoire de RumesHeim, le 26 août 1709, mais perd son colonel, le marquis de Sainte-Aulaire, tué au cours des combats, il reste sur la frontière de l'Est jusqu'à la paix, traité de Rastatt, 6 mars 1714. Il comprend alors un bataillon et tient le dernier rang parmi les régiments d'infanterie française. Le rang qu’il a toujours gardé, a donné lieu à un dicton de caserne : << Enghien, « Dernier au jeu, « Premier au pain ! » Son rang l'obligeait à marcher le dernier au combat et le premier aux corvées. En 1734, le régiment se couvre de gloire au siège de Pbilippsbourg, ville qu'il enlève le 18 juillet après un mois et demi de siège, face aux Autrichiens et aux Russes (guerre de Succession de Pologne, 1733-1738). En 1742, au cours de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), le régiment, au sein de l'armée du maréchal de Maillebois, avance jusqu'en Bohême au secours d'une autre armée française, assiégée dans Prague. Puis il revient sur le Danube en 1743 où il barre le passage à l'armée autrichienne et participe le 3 juillet à l'attaque de Wissembourg, place fortifiée qu’il enlève après en avoir escaladé les remparts. En 1746, il sert en Flandres sous les ordres du maréchal de Saxe et participe aux sièges de Mons, Charleroi et Namur. Le 11 octobre, il s'empare des positions ennemies à Rocaux, sur la Meuse. L'année suivante, le régiment participe à la victoire de Lawfelt sur les Anglais (maréchal de Saxe), le 2 juillet 1747. Son colonel, Louis-Joseph de Beaumont, marquis d'Autichamps, est tué lors de la bataille. En 1748, il participe à la prise de Maastricht qui mène à la conclusion du traité d'Aix-la-Chapelle, le 18 octobre. Au cours de la guerre de Sept Ans (1756-1763), le régiment fait partie de l'armée de Wesphalie conduite par le duc d'Estrées. Il franchit le Rhin, prend brillamment part aux combats d'Hastenbeck, le 26 juillet 1757 — qui accule la coalition anglo-allemande à la capitulation de Kloster-Zeuen —, le 8 septembre, aux batailles de Bergen (12 avril 1759) et de Minden (1" août 1759). En 1760, il participe aux combats de Warburg (31 juillet), puis de Kassel (31 mars 1761) et de Werle (14 juillet 1761) avant de rentrer en France. Pendant la longue trêve qui suit, le régiment stationne dans plusieurs garnisons, Mézières (1761), Lamdrecis (1764), Condé-sur-l’Escaut (1765), Briançon ( 1766), Bordeaux ( 1768), Lille (1771), Aire-sur-la-Lys ( 1773). En 1780, le régiment embarque pour les Antilles sous les ordres de l'amiral de Guichen et participe du 17 au 19 mai à des combats contre la flotte anglaise de l'amiral Rodney. Ensuite il occupe I’île de Saint-Domingue où il restera jusqu'à la fin de la guerre d'Indépendance (traité de Versailles en 1783). 3. La République Le 1 janvier 1791, le régiment perd son nom et prend le numéro 93, rang qu'il occupait dans la liste des régiments d'infanterie classés par ordre d'ancienneté (cf. annexes). Affecté à l'armée du Rhin, après la déclaration de guerre par les coalisés, le 20 avril 1792, le régiment combat en Alsace et, sous les ordres de l'adjudant-général Kléber, prend part avec deux de ses compagnies à la défense de Mayence assiégée par les Prussiens, de mars à juillet 1793. Sous les ordres du général des Aix (dit Desaix), le 93ème se fait remarquer à Niederlustadt (23 mai 1794). Le 3 juin 1794, la 93ème demi-brigade de bataille est formée à Givet avec le 1er bataillon du 47ème de ligne, le 6ème bataillon du Haut-Rhin et le 1er bataillon de Seine-et-Marne. Elle se distingue à Sweigenheim le 24 juillet, participe à la capitulation de Maastricht le 4 novembre et occupe Cologne le 12 novembre. 4. Le Directoire Réorganisée par l'arrêté du 31 décembre 1795 — décret du 1 lévrier 1796 —, elle devient la 93ème demi-brigade de ligne, formée des 41ème et 207ème régiments de ligne. Elle participe aux opérations de l'armée du Rhin et Moselle sous les ordres du général Moreau et se distingue aux combats d'Etlingen avec la 109ème (9 juillet 1796), de Neresheim (11 août), Friedberg (23 août) et au siège de Kehl, d'octobre 1796 à janvier 1797. En février 1797, la demi-brigade rejoint l'année d'Italie et fait campagne dans le Tyrol. Début 1799, la 93ème fait partie de la division Delmas race aux armées austro-russes et se distingue à Bussolengo le 26 mars, Magnano, Bassignano (12 mai), San Guliano (16 mai). Après un bref passage à l'armée de Naples sous les ordres du général Macdonald, où elle se bat à Trebbia (16 au 18 juin) et à San Giorgio (19 juin), elle est de retour au sein de l'armée d'Italie à Novi (15 août), Villanova (20 septembre), Beneita (1er novembre) et Genola (4 novembre). Le 3ème bataillon, resté à Mantoue, capitule avec la garnison le 30 juillet 1799 et est envoyé à Tours. 5. Le Consulat Le 6 avril 1800, la 93ème demi-brigade se bat à Cadibone et capitule, faute de vivres, avec la garnison, le 16 mai. Elle est faite prisonnière de guerre. Elle est reconstituée en deux bataillons. Le 1er, formé par la réunion des 1er et 2ème, rejoint l'armée d'Angleterre. Le 3ème prend le numéro 2. Elle passe ensuite au corps d'observation de la Gironde et tient garnison à Rochefort et dans les îles d'Aix, de Ré et d'Yeu. L'arrêté du 24 septembre 1803, signé de Bonaparte, transforme la 93ème demi-brigade en 93ème régiment de ligne avec la réunion de la 90ème demi-brigade. 6. Le premier empire De la fin 1804 au début de 1806, le 93ème de ligne fournit la garnison des vaisseaux de guerre mouillant en rade de l'île d'Aix. Le 25 janvier 1805, deux compagnies sont dirigées sur Cayenne et le 2ème bataillon, embarqué sur l'Achille, sombre avec le bâtiment, à la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805). En mai 1806, le régiment est en Italie. Il rejoint la Grande Armée au printemps 1807. Engagé contre les Suédois, il arrache la place de Colberg le 3 juillet et participe au siège de Stralsund qui tombe le 20 août 1807. Le 17 septembre, il rejoint la 6ème armée à Hambourg. Le 4ème bataillon, aux ordres du général Duhesme, participe aux combats d'Espaguerra le 5 juin 1808, au siège de Gerona, en juillet, et à la défense de Barcelone. Il se distingue encore à Brüch (1" janvier 1809), Igualda (17 février), Molins del Rey (14 mars), Uich (20 février 1810), Manreza (2 avril) et Picamonos (25 août). Il y retrouve le régiment, amputé du 3ème bataillon qui est à l'armée d'Italie depuis février et qui s'est battu à Noviglio (24 avril 1809) et Neve di Cadore (10 mai). Ce bataillon rejoindra le régiment le 27 juillet à Budwitz, sur les bords du Danube. Pendant ce temps, le 93ème de ligne entre à Vienne le 13 mai 1809, après la bataille d’Eckmül. Il se bat héroïquement à Essling (21 et 22 mai), enlève l'île des Moulins, le 2 juillet, pour préparer le passage du Danube, sous les yeux de l'Empereur. Voyant sa conduite héroïque, il s'exclame : « Vous voyez rien qu’ il n'y a rien a impossible avec de tels hommes.» Ce mot deviendra la devise du régiment sous la forme : «A de tels hommes, rien d'impossible ! ». Les 5 et 6 juillet, le 93ème se couvre de gloire à la bataille de Wagram, ce qui lui vaut une inscription sur son drapeau. Cette date a été choisie pour la fête du régiment. Le 3ème bataillon, de son côté, fort de huit cent quarante hommes, se bat dans le Tyrol à Noviglio le 29 avril 1809 et à Pieve di Cadore, le 10 mai. Après l'armistice de Nicolsbourg, le 93ème est envoyé en garnison à Utrecht où il restera jusqu'en février 1812. Le 18 mars 1812, le 93ème de ligne se reforme à Leipzig qu'il quitte le 3 avril pour la Russie. Il entre à Smolensk en flammes au mois d'août, combat victorieusement à Valentina le 19 août et s'illustre magnifiquement à la Moskowa le 7 septembre. Il occupe Moscou le 14.Dans ses rangs, il compte le futur maréchal Randon, engagé volontaire en mars 1812, nommé sous-lieutenant à la Moskowa, lieutenant en 1813 et qui sera élevé à la dignité de maréchal de France en 1856.Après l'incendie de la ville, le régiment repart le 18 octobre, début de la retraite tragique : bataille de Maloyaroslawetz le 24, SmoIensk le 14 novembre après un engagement à Valoutina, combat de Krasnoë le 18 où le régiment sauve son Aigle, passage du Dniepr et arrière-garde du passage de la Bérésina, le 27 novembre. Le 12 décembre, le Niémen est franchi mais la Grande Armée n’existe plus.Le régiment, après de lourdes pertes, est réorganisé en 1813 pour participer à la campagne d'Allemagne, se bat à Dresde le 27 août, à Leipzig, la «bataille des Nations», du 16 au 18 octobre, puis à Hanau le 30 octobre, au passage du Rhin.Le 1er bataillon participe à la Campagne de France : Brienne (29 janvier 1814), La Rothière (1 février) où il est décimé et retraite sur Fontainebleau au moment de I abdication, le 6 avril.Le 3ème bataillon, en garnison à Magdebourg, est bloqué dans cette ville d'où il sort avec les honneurs de la guerre, en mai. Les autres bataillons participent à la défense de Besançon.Une ordonnance royale du 12 mai 1814 réduit à quatre-vingt-dix le nombre des régiments de ligne, le 93ème devenant le 77ème de ligne.Par décret du 20 avril 1815, les régiments reprennent leur ancien numéro et le 77ème redevient le 93ème pour la campagne de 1815. Le 15 juin, il se dirige sur Charleroi, participe aux combats des Quatre-Bras le 16 et de la Chaussée de Bruxelles à Waterloo le 18, à l'aile gauche de l'armée du général Reille. Il retraite ensuite en bon ordre sur Laon et se porte à la défense de Paris le 1 juillet, en position derrière le canal Saint-Denis. 7. La Restauration Après l'abdication du 22 juin qui marque la fin des «Cent Jours», l'armée est licenciée et on ne conserve que les dépôts d'un petit nombre de régiments. Le dépôt du 93ème, à Besançon, est envoyé à Chalon-sur-Saône le 20 mai, à Bourges, le 1 juillet et à Mende le 1 août pour la création de la légion de Lozère.L'ordonnance royale du 3 août 1815 réorganise l'infanterie française en légions départementales. Le 35ème régiment de ligne, ex-18ème léger, fut à l'origine de la légion du Vaucluse qui, lors de la réorganisation de l'armée en 1821, recevra naturellement le nom de 18ème régiment d'infanterie légère. A la suite de nouvelles transformations, le 18ème change de numéro, devient, le 24 octobre 1854, le 93ème régiment d'infanterie et fournit un contingent de quatre cent soixante hommes à l'armée de Crimée. 8. Le second Empire Campagne d'Algérie Le 12 mars 1855, le régiment débarque en Afrique du Nord, fait campagne sous les ordres du général Randon, est utilisé aux travaux de piste et prend part à plusieurs colonnes. En 1857, il fait partie de la division Mac-Mahon et participe à l'expédition de la Grande Kabylie.Le 24 mai, le 93ème part à l'attaque des villages des Beni Raten retranchés dans la montagne et qui viennent faire leur soumission. Le 30 juin, la prise du village d’Aguemoun Izen achève la destruction des derniers centres de résistance et la conquête entière de la Kabylie (12 juillet). De 1857 à 1859, le régiment participe à la pacification de la région et aux travaux d'aménagement du pays. Campagne d'Italie Le 13 mai 1859, le régiment constitué de trois bataillons de six compagnies est rassemblé à Gênes et fait partie du Vème corps d'armée, aux ordres du prince Napoléon. Le 30 mai, il cantonne à Voghera près de Tortone. A 6 heures, alerté par une canonnade à proximité du village de Montebello, le lieutenant-colonel Mangin qui commande le bataillon de tête rejoint le champ de bataille au pas de gymnastique, fait sonner la charge à ses clairons. Toute la ligne de combat s’élance au pas de course, bouscule les Autrichiens et les met en déroute. A ce moment-là, le général Forey venait d'engager toutes ses forces et ne disposait plus de réserves. L'action du régiment est à l'origine de la première victoire de la campagne. Puis, le régiment prend part à la poursuite des Autrichiens après la bataille de Magenta, reçoit une mission de couverture au cours de l'engagement de Solférino et combat jusqu'à l’armistice de Villafranca qui met un terme aux hostilités, le 8 juillet 1859.Le 93ème demeure en Italie jusqu'au 2 juin 1860 et revient tenir garnison en France à Montpellier, puis à Bayonne, Lorient, Paris et finalement à Caen où il se trouve au moment de la déclaration de guerre à la Prusse. La guerre franco-prussienne Le 5 août 1870, le 93ème régiment d’infanterie est à Chalon-sur-Saône et fait partie de la division Laffont de Villiers du VIème corps d'armée, aux ordres du maréchal Canrobert. Il arrive à Metz le 16 août et participe à la bataille de Rezonville où le carré du régiment brise les assauts de la cavalerie prussienne. Le 18, il se porte à Saint-Privat. Le régiment renouvelle ses exploits de Rézonville. Il fournit notamment les arrière-gardes qui empêchent la poursuite par les Prussiens. Le lendemain, toute l'armée française achève son mouvement de retraite sous Metz et capitule le 27 octobre. Le dépôt du 93ème, resté à Caen, fournit le 15 août son 4ème bataillon pour la défense de Paris, entrant dans la composition du 112ème de ligne. Le 16 octobre 1873 , le régiment vient tenir garnison à La Roche-sur-Yon. 9. La Tunisie Après la signature du traité du Bardo le 12 mai 1881, la ville de Sfax manifeste son hostilité. Une expédition est montée pour y rétablir l’ordre. Un bataillon du 93ème embarque à Toulon le 8 juillet 1881 et débarque à Sfax le 16. Les habitants font leur soumission le 19. Le bataillon reste dans cette ville jusqu'au 4 septembre puis est envoyé à La Manoura près de Tunis, à Aïn-Orabam en Koumirie et regagne la France le 20 mars 1882. 10. La Première Guerre mondiale1914 Mobilisé le 2 août 1914, le régiment quitte La Roche-sur-Yon le 6 août et reçoit le baptême du feu, le 22, à l'attaque de Maissin, dans la région de Bouillon-Paliseul, en Belgique. Après le repli de nos forces sur la Marne, dans la région de Fère-Champenoise, le 93ème fait face à Ecury-le-Repos et repousse l'ennemi en prenant une part active à la victoire.Le 12 septembre, il est à Mourmelon, et, au cours de la «course à la mer», il arrête l'ennemi à La Boisselle près d Albert le 28, puis à Hamel et Beaumont, le 28 novembre. Le front se stabilise et la « guerre des tranchées » commence. 1915. De décembre 1914 à juin 1915, le régiment s'établit dans la Somme sur les hauteurs quidominent l'Ancre, région d’Hébuterne. A partir du 7 juin, le régiment mène plusieurs attaquessur la ferme de Toutvent, ce qui lui vaut de recevoir la croix de guerre avec palme. Le 21 juillet,les positions sont remises aux Anglais et le régiment est ramené dans la région de Breteuil. Ilse bat ensuite en Champagne, le 25 septembre à la Butte de Mesnil. Le 27 septembre, il perdson chef de corps, le colonel Jahan, mort au champ d'honneur, au Moulin de Ripont. Le93ème repart à l'attaque les 6, 24 et 31 octobre puis est dirigé sur la Marne où il se réorganise.II compte en son sein le capitaine Jean de Lattre de Tassigny qui y restera jusqu'à la fin deshostilités. 1916. Aux premiers jours de décembre 19l5, le 93ème remonte en ligne vers Tahure où il restera jusqu'au 22 avril 1916. Après un séjour d’un mois dans le secteur calme de Mourmelon, il quitte la Champagne le 24 mai pour la région de Verdun. Du 9 au 13 juin, il repousse les assauts ennemis dans la région de Thiaumont. Le 14 juin, il est relevé et se reconstitue dans la région de Bar-le-Duc.Il rejoint le front fin juillet clans un secteur calme des Côtes de Meuse, à Watronville. Il revient à Verdun où il enlève dans la nuit du 4 au 5 novembre le village de Damloup. Le 30 novembre, il est de nouveau en ligne au nord de Douaumont. 1917. Le 11 janvier, le 93ème tient le secteur de la Côte de Poivre. Relevé le 14 février, il gagne Vitry-le-François puis le camp de Mailly. Le 28 mars, il est transféré dans la région de Soissons. Le 31, il s'empare du bois de Vourson, le 1 avril, du bois de Quincy, le 2, du village de Laudricourt. Quinze jours plus tard, le régiment prend position sur le Chemin des Dames et, du 23 avril au 5 mai, la conquête du village de Cerny lui vaut une seconde palme sur sa croix de guerre. Le 8 mai, le 93ème fait échouer une contre-attaque puis, le 10, il est dirigé sur la région de Compiègne.De juillet à septembre, le régiment tient les lignes clans la région de Saint-Quentin, sur la rive gauche de la Somme. Le 23 septembre, il est de retour sur le Chemin des Dames et prend part à l'attaque du 23 octobre qui nous livre le 25 toute la crête du Chemin des Dames. Relevé, il reste dans la région jusqu'au 7 janvier 1918. 1918. Le 6 janvier, après deux citations à l'ordre de l'armée, le port de la fourragère aux couleurs de la croix de guerre 1914-1918 est accordé au régiment par le général Pétain, commandant en chef.De février à mai 1918, les bataillons occupent le secteur de la Royère et accueillent les premières troupes américaines. Le 27 mai, les Allemands s'emparent du plateau du Chemin des Dames malgré le sacrifice du 93ème, notamment : au soir du 27, il restait au corps, seize officiers et cent quarante-deux hommes.Le 93ème, reconstitué, est envoyé dans les Vosges jusqu’en août 1918, puis, il est transporté clans la région de Vitry-le-François où il prend part à l'offensive de Champagne et emporte le 4 octobre la position ennemie du ruisseau de la Py. Après une courte période de repos, l'avant-garde du 1er bataillon arrive devant Mézières le 9 novembre. L'armistice du 1 1 Novembre met fin à sa campagne. 11. La Seconde Guerre mondiale Dissous en 1922, le 93ème est reconstitué en 1939 à Argentan. Le 7 juin 1940, il fait partie de la division Huppel (7ème DI). Il résiste brillamment sur I’Ailette à un ennemi surpuissant. Le régiment est à nouveau dissous après l'armistice.La résistance s'organise en Vendée où différents groupes se préparent à la lutte. Au mois d'août 1944, les maquis de Vendée comptent quatre mille volontaires. Le 17 septembre, les bataillons des Sables-d'Olonne, de La Roche-sur-Yon, de Fontenay-le-Comte et de Luçon se constituent en unité régulière et c'est dans ces conditions que renaît une fois encore le 93ème régiment d'infanterie qui participe activement aux opérations sur le front de l'Atlantique. 12. La période contemporaine En 1946, le général de Lattre de Tassigny, chef d'état-major général et inspecteur général de l'armée de terre, réorganise l'infanterie sous la forme temporaire de bataillons formant corps. C'est ainsi qu'il fit renaître en mars 1946, le 93ème bataillon d'infanterie, doublement cher à son cœur de Vendéen et pour y avoir servi de 1915 à 1918. Installé à Courbevoie à la caserne Charras, il succède dans les lieux au 5ème régiment d'infanterie, son vieux camarade de Wagram. Il prend garnison au camp de Frileuse le 30 juin, l'état-major et les services restant à Courbevoie jusqu'en décembre I960.Devenu le 93ème régiment d’infanterie en février 1948, le régiment est envoyé en Afrique du Nord en mai 1955. Il participe jusqu'en 1962, tant en Algérie — Ouarsenis et Mostaganem — qu'au Maroc aux opérations de maintien de l'ordre et de pacification.Il est dissous le 1er juin 1964 à Frileuse et devient le 5ème régiment d'infanterie.En 1979, le régiment est remis sur pied comme régiment de réserve, dérivé par le 5ème régiment d'infanterie. Le .19 juin 1980, au quartier général Laurier, le général Schlagdenhauffen, commandant la 102ème division d’infanterie dérivée de la glorieuse 2ème division blindée, confie officiellement le commandement du 93ème régiment d'infanterie au lieutenant-colonel (CR) Muller.Créée en 1994,le 93ème régiment d'infanterie est intégré à la brigade Ile-de-France (BRIDF), lors de la réorganisation des forces de réserve du commandement militaire d'Ile-de-France (CMIDF).Sous les ordres du général Jean Boy, la BRIDF comprend un état-major d'intervention (EMI),deux régiments d'infanterie, le 93ème régiment d'infanterie et le 70 régiment d'infanterie de marine.La mission de la BRIDF est de participer à la défense militaire terrestre de l'Ile-de-France. Mission Les missions du 93ème régiment d infanterie sont :En temps de paix, de préparer sa montée en puissance, d’étudier et de préparer ses missions, de conduire l'instruction et l'entraînement des cadres et militaires du rang de réserve affectés.En temps de crise ou de guerre, de réaliser sa montée en puissance et d'être en mesure, à bref délai, d'exécuter les missions qui lui seraient confiées dans le cadre du plan de défense du CMIDF.Les principales missions qui peuvent lui être confiées sont le contrôle de zone, la protection des points sensibles, la sécurité d’un itinéraire, la recherche du renseignement, la participation aux missions de sécurité civile, en renfort des forces spécialisées. Dérivation Le 93ème régiment d'infanterie est dérivé par le 5ème régiment d’infanterie « Navarre», I’un des plus anciens régiments de France, héritier des «Bandes de Guyenne» (1494), origine des formations militaires du Sud-ouest, et de la Légion de Guyenne, en 1562. Ce régiment a pris le nom de « Navarre » le 22 mars 1594.Le 5ème régiment d'infanterie est l'un des régiments mécanisés de la 2ème division blindée.En 1964, à sa dissolution, le 93ème devint le 5ème régiment d'infanterie. Le régiment est ainsi très étroitement lié à son compagnon d’armes de Wagram.Le soutien apporté par le régiment frère est essentiel pour le 93ème régiment d’infanterie. Il peut ainsi assurer ses missions en temps de paix et préparer sa montée en puissance dans les meilleures conditions. La symbiose entre «l'active» et «la réserve» s'exprime ainsi dans toute son ampleur par les liens qu’elle crée entre la société civile et son armée. 13. In memoriam Le 7 juin 1997, le 93ème d'infanterie a été dissous, comme son régiment frère, le 5ème, «Navarre», comme les autres régiments de réserve de la brigade Ile-de-France. Le 7 juin 1915, le régiment s'est glorieusement illustré à la ferme de Toutvent. Une dernière prise d'armes a rassemblé anciens et actuels fantassins, à Hébulerne, le 15 juin 1997. Le 15 juin 1815, le 93ème se battait aux Quatre-Bras, à la veille de Waterloo. Dates symboliques.La réorganisation des forces armées, engagée depuis 1996, va transformer profondément l'organisation des forces de réserve. Elles seront désormais réparties au sein des différentes formations d'active.Les officiers, sous-officiers, caporaux-chefs, caporaux, clairons et fantassins de l'actuel 93ème d'infanterie ont eu l'honneur de clore ainsi près de trois siècles de gloire, de souffrances, de sacrifices, de joies aussi, consacrés à la défense de la France.Il leur appartenait de le faire, honorablement. Ils l'ont fait jusqu'au bout, par Tradition.
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